Abolition de l'esclavage et engagisme à Mayotte

Le 27 avril, on commémore l'abolition de l'esclavage à Mayotte.

La France prend possession de Mayotte en 1841 et aboli l’esclavage dès 1846. Cependant un système proche de l’esclavage a subsisté pendant toute la seconde moitié du XIXe siècle : l’engagisme.

« Il y a malheureusement dans l'ordonnance royale du 9 décembre 1846 une clause attachée à la libération du noir, et que celui-ci ne comprend pas très bien ; c'est celle de l'engagement de cinq années au profit de l'Etat. Cet engagement, aux yeux de la majorité des captifs, c'est la continuation de l'esclavage ».Passot. Rapport de la séance du 6 juillet 1847.

 

Après l’abolition de l’esclavage se pose le problème de la main d’œuvre. Ainsi dans un premier temps l’administration coloniale oblige les affranchis à travailler 5 ans pour l’administration ou sur les plantations. De nombreux affranchis refusent ce système et quittent l’île.

 

C’est alors que les colons vont recruter dans les îles voisines et en Afrique des travailleurs « volontaires ». Conformément à l’arrêté du 2 octobre 1855 les colons leurs promettent une journée de travail de 10 h avec une pause de 2h, une ration alimentaire par jour, un jour de congé par semaine et un salaire par mois. L’Etat encourage le nouveau système, il participe financièrement au recrutement de travailleurs étrangers.

En 1853 on compte 310 engagés dans l’île, en 1868 ils sont 3002. Les originaires du Mozambique et des Comores s’engagent en masse. En 1868 parmi les 3002 engagés, 2245 sont originaires du Mozambique.

 

Cependant les conditions du contrat d’engagement ne sont pas respectés et les engagés se retrouvent dans les mêmes conditions de vie que durant la période esclavagiste : les salaires ne sont pas versés, les rations alimentaires ne sont pas respectées, les travailleurs sont brutalisés…

Les révoltes sont fréquentes (1856 ; 1866 à Dzoumogné ; 1876 à Soulou).

 

A partir des années 1890 l’industrie du sucre décline mettant un frein au recrutement des engagés. En 1885 Jules Grévy signe un décret qui fixe de nouvelles méthodes de travail.

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